Dans cet article Dans cet article
- La Cimade, une association de solidarité active née pendant la guerre
- Les missions de la Cimade auprès des personnes migrantes et réfugiées
- La Cimade à Paris et en Île-de-France : trouver une permanence
- Devenir bénévole à la Cimade : profils recherchés et engagement
- Ce que la Cimade ne fait pas : limites à connaître
- Erreurs fréquentes avant de contacter la Cimade
La Cimade est une association française loi 1901, créée en 1939, qui mène une solidarité active avec les personnes migrantes, réfugiées et en demande d’asile. Elle informe gratuitement sur les droits des étrangers, aide à constituer des dossiers, intervient en centres de rétention et en prison, et défend publiquement les droits des personnes exilées. Ses permanences, tenues surtout par des bénévoles formés, existent partout en France, dont plusieurs en Île-de-France et à Paris.
Vous avez entendu parler de la Cimade parce qu’un proche doit renouveler un titre de séjour, parce que vous cherchez une mission bénévole utile, ou simplement parce que son nom revient dans les débats sur l’immigration ? Ce guide rassemble l’essentiel : d’où vient l’association, ce qu’elle fait concrètement, comment la contacter et ce qu’il ne faut pas attendre d’elle. L’objectif est de vous permettre d’agir vite, que vous soyez une personne concernée, un accompagnant ou un citoyen engagé.
La Cimade, une association de solidarité active née pendant la guerre
Le nom vient d’un acronyme : Comité inter-mouvements auprès des évacués. En 1939, des mouvements de jeunesse protestants se regroupent pour soutenir les populations d’Alsace et de Moselle évacuées vers le sud-ouest de la France. Très vite, la mission change de nature. Sous le régime de Vichy, des équipières s’installent dans les camps d’internement, comme Gurs ou Rivesaltes, pour assister les personnes enfermées, en particulier les familles juives et les réfugiés espagnols.
Plusieurs membres participent alors au sauvetage d’enfants et d’adultes menacés de déportation, en organisant des passages vers la Suisse ou des caches. Madeleine Barot, secrétaire générale de l’époque, a d’ailleurs été reconnue Juste parmi les nations. Cette origine explique l’ADN de l’association : être présente là où les personnes sont enfermées ou mises à l’écart, et témoigner de ce qu’elle y voit.
Après 1945, la Cimade accompagne successivement les personnes déplacées d’Europe, les travailleurs immigrés, les réfugiés d’Amérique latine et d’Asie du Sud-Est, puis les demandeurs d’asile contemporains. Si ses racines sont protestantes, elle s’adresse aujourd’hui à toute personne, sans condition de religion, de nationalité ou de situation administrative.

Les missions de la Cimade auprès des personnes migrantes et réfugiées
La Cimade se définit comme une association de solidarité active et de soutien politique. Concrètement, son action repose sur trois piliers : accueillir et accompagner, intervenir dans les lieux d’enfermement, et défendre les droits par le plaidoyer. Le tableau ci-dessous résume ses principaux champs d’intervention.
| Domaine | Ce que fait l’association | Public concerné |
|---|---|---|
| Permanences juridiques | Information sur le droit au séjour, l’asile, le regroupement familial, aide à la constitution de dossiers et de recours | Personnes étrangères, familles, accompagnants |
| Rétention administrative | Aide à l’exercice des droits des personnes placées en centre de rétention, dans certains centres | Personnes visées par une mesure d’éloignement |
| Prisons | Accompagnement des personnes étrangères détenues sur leurs droits au séjour | Détenus de nationalité étrangère |
| Hébergement | Gestion de lieux d’accueil pour demandeurs d’asile et réfugiés statutaires | Personnes orientées par les dispositifs officiels |
| Apprentissage du français | Ateliers de langue et d’autonomie dans de nombreux groupes locaux | Adultes migrants |
| Sensibilisation | Festival Migrant’scène, interventions scolaires, rapports publics | Grand public, élus, médias |
Le travail en rétention mérite un mot. Pendant des années, la Cimade a été la seule association habilitée à intervenir dans les centres de rétention administrative. Depuis 2010, cette mission est partagée entre plusieurs structures selon les lieux, et l’association publie chaque année, avec ses partenaires, un rapport détaillé sur les conditions d’enfermement. Ces données sont régulièrement citées dans les débats parlementaires.
Le plaidoyer occupe une place importante. Membre de la Commission nationale consultative des droits de l’homme, la Cimade prend position sur les réformes successives. Elle s’est notamment montrée très critique envers la loi du 26 janvier 2024 relative à l’immigration et à l’intégration, dont elle a analysé les effets sur l’accès au séjour et sur les procédures d’éloignement.
Une action qui dépasse les frontières françaises
L’association soutient aussi des partenaires en Afrique de l’Ouest et au Maghreb, qui accompagnent des personnes en migration ou expulsées. Cette dimension internationale la rapproche d’autres ONG actives sur le terrain humanitaire, même si son mandat reste centré sur les droits. Pour comparer les approches, vous pouvez lire notre présentation d’Action contre la Faim, dont le cœur de métier est la lutte contre la malnutrition et l’accès à l’eau.
Autres Action contre la Faim : mandat, terrains d’intervention et avis argumenté sur l’ONG
La Cimade à Paris et en Île-de-France : trouver une permanence
Les recherches sur la Cimade Paris sont nombreuses, et pour cause : l’Île-de-France concentre une grande partie des demandes. La région compte plusieurs groupes locaux, à Paris intra-muros (par exemple dans le secteur des Batignolles) et dans les départements de petite et grande couronne, comme les Hauts-de-Seine, la Seine-Saint-Denis, l’Essonne, le Val-d’Oise ou les Yvelines.
Chaque groupe fixe ses propres horaires. Certaines permanences reçoivent sans rendez-vous à jour fixe, d’autres fonctionnent uniquement sur rendez-vous ou par téléphone. Les informations à jour figurent sur le site officiel de l’association, rubrique des implantations locales, ainsi que dans les annuaires associatifs des mairies. Pensez à vérifier avant de vous déplacer : un changement de local ou d’horaire est fréquent, notamment pendant les vacances scolaires.
Pour un premier contact efficace, préparez :
- une pièce d’identité ou le document de séjour actuel, même expiré ;
- tous les courriers reçus de la préfecture, de l’OFPRA ou de la CNDA, y compris les enveloppes qui permettent de dater la notification ;
- un récapitulatif simple de votre parcours (dates d’arrivée, démarches déjà faites) ;
- vos justificatifs de domicile, de ressources ou de liens familiaux en France si vous en disposez.

Devenir bénévole à la Cimade : profils recherchés et engagement
La force de l’association repose sur ses bénévoles, plusieurs milliers répartis dans une centaine de groupes locaux, épaulés par une équipe salariée. Il n’est pas nécessaire d’être juriste pour s’engager. Les profils recherchés sont variés : écoute et accueil, animation d’ateliers de français, appui administratif, communication, organisation d’événements, et bien sûr accompagnement juridique pour celles et ceux qui acceptent de se former.
Les nouveaux bénévoles suivent une formation initiale, puis des modules thématiques sur l’asile, le séjour ou l’éloignement. L’engagement demandé est souvent d’une demi-journée par semaine, sur la durée, car la régularité compte beaucoup pour les personnes accompagnées. Les candidatures se font auprès du groupe local le plus proche ou via les plateformes publiques de bénévolat.
Beaucoup de groupes produisent leurs propres fiches d’information à destination du public : horaires, liste de documents, contacts utiles. Si vous rejoignez une équipe et qu’on vous confie ce type de support, notre méthode en 5 étapes simples pour réaliser un guide pratique vous aidera à rédiger un document clair et vraiment utilisable.
Soutenir l’association sans donner de son temps
Le don financier reste le levier le plus utile, car il garantit l’indépendance de l’association vis-à-vis des pouvoirs publics. En tant qu’association d’intérêt général, la Cimade délivre un reçu fiscal ouvrant droit à une réduction d’impôt selon les règles en vigueur. Les dons matériels, eux, ne correspondent généralement pas à son fonctionnement : vêtements et objets sont mieux orientés vers les accueils de jour, les vestiaires solidaires ou les ressourceries. Avant de trier votre armoire, jetez un œil à nos conseils Des idées pour s’habiller de façon écoresponsable, qui abordent aussi la seconde vie des textiles.
Ce que la Cimade ne fait pas : limites à connaître
L’association informe et accompagne, mais elle n’est ni une administration ni un cabinet d’avocats. Elle ne délivre aucun titre de séjour et ne peut garantir l’issue d’une démarche. Dans les dossiers complexes, ou lorsqu’une audience devant un juge approche, les bénévoles orientent vers un avocat, éventuellement au titre de l’aide juridictionnelle.
Elle n’est pas non plus un service d’hébergement d’urgence : pour une mise à l’abri le soir même, il faut composer le 115. Enfin, elle ne propose pas de soins. Pour une question de santé, les personnes sans couverture peuvent se tourner vers les permanences d’accès aux soins de santé (PASS) des hôpitaux ou vers des associations médicales spécialisées. Sur notre site, les sujets santé sont traités avec la même prudence, qu’il s’agisse d’accès aux soins ou de plantes traditionnelles comme dans notre article Tepezcohuite. À quoi ça sert et ses propriétés médicinales : l’avis d’un professionnel reste indispensable.
Autres Travailler pour une ONG : formations, métiers et voies d’accès en 2026
Erreurs fréquentes avant de contacter la Cimade
Certaines situations reviennent souvent dans les permanences et compliquent l’accompagnement. Les éviter fait gagner un temps précieux.
- Attendre la dernière minute. Les délais de recours contre une obligation de quitter le territoire ou un refus d’asile peuvent être très courts, parfois quelques jours seulement. Dès réception d’un courrier, mieux vaut consulter.
- Jeter les enveloppes. La date de notification fait souvent courir le délai : l’enveloppe ou l’accusé de réception sert de preuve.
- Payer un intermédiaire. Des personnes se présentent comme « agents » et facturent des rendez-vous en préfecture ou des dossiers. Les services de la Cimade sont gratuits, et aucun bénévole ne doit demander d’argent.
- Multiplier les interlocuteurs sans le dire. Deux accompagnements parallèles mal coordonnés peuvent produire des démarches contradictoires. Signalez toujours qui vous suit déjà.
- Confondre information et conseil personnalisé. Une fiche générale lue en ligne ne remplace pas l’examen de votre dossier par une personne formée.
Pour les accompagnants (amis, enseignants, employeurs), un dernier conseil : laissez la personne concernée s’exprimer elle-même autant que possible. C’est son parcours, et c’est elle qui signera les documents.
Fondée pour être présente auprès des évacués de 1939, la Cimade reste aujourd’hui l’un des repères majeurs pour les personnes exilées en France. Que vous ayez besoin d’aide ou envie d’en apporter, le point de départ est le même : identifier le groupe local le plus proche et prendre contact tôt.
La Cimade est-elle gratuite ?
Oui. L’accueil, l’information juridique et l’accompagnement proposés dans les permanences sont gratuits. L’association se finance par les dons, les subventions et certaines conventions publiques, jamais par une participation des personnes accompagnées.
Que signifie le nom Cimade ?
Il s’agit à l’origine de l’acronyme de Comité inter-mouvements auprès des évacués, créé en 1939. L’association a gardé le nom tout en élargissant son action à l’ensemble des personnes migrantes.
Faut-il être protestant pour être aidé ou bénévole ?
Non. Malgré ses origines liées à des mouvements de jeunesse protestants, la Cimade accueille et recrute sans distinction de religion ou de conviction.
La Cimade peut-elle aider pour une demande d’asile ?
Elle peut informer sur la procédure, aider à préparer le récit ou un recours et orienter vers un avocat si nécessaire. Elle ne décide pas de l’octroi de la protection, qui relève de l’OFPRA puis, en cas de recours, de la CNDA.
Comment savoir où se trouve la permanence la plus proche ?
La liste des groupes locaux et de leurs horaires est publiée sur le site officiel de l’association. Les annuaires associatifs des mairies et les plateformes publiques de bénévolat en relaient aussi une partie.



