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Handicap International : missions, histoire et façons de soutenir l’ONG

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  • Handicap International est une ONG de solidarité internationale indépendante et impartiale, fondée en 1982 et dont le siège français est à Lyon.
  • Elle intervient dans une soixantaine de pays, dans les situations de pauvreté, de conflit et de catastrophe, auprès des personnes handicapées et des populations vulnérables.
  • Depuis 2018, son réseau international s’appelle Humanité & Inclusion (HI), mais la branche française garde le nom Handicap International.
  • Ses grands axes : réadaptation, action contre les mines, éducation inclusive, urgences humanitaires et plaidoyer.

Vous cherchez à savoir ce qu’est Handicap International, ce que l’association fait réellement et comment la soutenir ? En résumé, c’est une organisation non gouvernementale française, née dans des camps de réfugiés cambodgiens au début des années 1980, qui aide les personnes en situation de handicap et les populations fragilisées par la guerre, la pauvreté ou les catastrophes naturelles. Elle soigne, appareille, déblaie les zones minées, scolarise et défend des causes auprès des États. Ce guide détaille son histoire, ses terrains d’action, son fonctionnement et les manières concrètes de s’impliquer depuis la France.

Handicap International en bref : une ONG de solidarité internationale née à Lyon

Une ONG est une association à but non lucratif, d’intérêt général, qui ne dépend ni d’un État ni d’une institution publique. Handicap International entre exactement dans cette définition. Son statut associatif lui permet de recevoir des dons de particuliers, des legs, des financements d’entreprises et des subventions publiques, tout en gardant la maîtrise de ses choix d’intervention.

L’organisation revendique deux principes qui reviennent dans tous ses textes : l’indépendance et l’impartialité. Concrètement, elle porte assistance sans distinction d’origine, de religion ou d’appartenance politique, et elle choisit ses terrains selon les besoins constatés plutôt que selon les priorités diplomatiques d’un gouvernement. Son public prioritaire reste les personnes handicapées, mais elle travaille plus largement avec toutes celles et ceux que la vie a placés en situation de grande vulnérabilité : blessés de guerre, déplacés, personnes âgées isolées, enfants exclus de l’école.

Le siège historique se trouve à Lyon, ville avec laquelle l’association entretient un lien fort. On y trouve les équipes de direction, une partie des services de collecte et de nombreux bénévoles qui animent les actions locales.

De 1982 à Humanité & Inclusion : les grandes étapes de l’organisation

L’histoire commence en 1982, à la frontière entre la Thaïlande et le Cambodge. Deux jeunes médecins français, Jean-Baptiste Richardier et Claude Simonnot, découvrent dans les camps de réfugiés des milliers de personnes amputées après avoir marché sur des mines antipersonnel. Faute de prothèses adaptées, ils mettent au point avec les réfugiés des appareils fabriqués à partir de matériaux locaux. Ce bricolage ingénieux devient le point de départ d’une organisation structurée.

Les décennies suivantes transforment ce projet de terrain en acteur international reconnu :

  • Années 1990 : Handicap International cofonde la Campagne internationale pour interdire les mines terrestres. Cette mobilisation aboutit au traité d’Ottawa, signé en 1997, qui interdit les mines antipersonnel.
  • 1997 : la campagne, dont l’ONG fait partie des membres fondateurs, reçoit le prix Nobel de la paix.
  • 2008 : adoption de la Convention d’Oslo sur les armes à sous-munitions, autre combat majeur porté par l’association.
  • 2018 : le réseau prend le nom de Humanité & Inclusion, abrégé en HI, pour refléter un champ d’action devenu bien plus large que le seul handicap.
  • 2022 : l’organisation fête ses 40 ans et salue l’adoption d’une déclaration politique internationale contre l’usage des armes explosives en zones peuplées, un dossier sur lequel elle militait depuis des années.

Ce changement de nom crée parfois de la confusion. Dans la plupart des pays, on parle de HI ou de Humanity & Inclusion. En France, en revanche, l’association conserve l’appellation Handicap International, très connue du grand public, souvent accompagnée de la mention Humanité & Inclusion.

Les domaines d’intervention de Handicap International sur le terrain

Le cœur du travail reste la réadaptation, mais l’ONG a progressivement élargi ses compétences. Le tableau ci-dessous résume ses principaux métiers et ce qu’ils recouvrent concrètement.

Domaine Actions concrètes Publics concernés
Réadaptation Kinésithérapie, fabrication et pose de prothèses et d’orthèses, aides à la mobilité, soutien psychologique Personnes amputées, blessés, enfants avec une déficience motrice
Action contre les mines Déminage, dépollution des restes explosifs de guerre, éducation aux risques, aide aux victimes Populations vivant dans d’anciennes zones de conflit
Éducation inclusive Formation des enseignants, adaptation des écoles, accompagnement des familles Enfants handicapés exclus du système scolaire
Insertion économique Formation professionnelle, appui à la création d’activité, sensibilisation des employeurs Adultes handicapés ou vulnérables
Santé et prévention Santé maternelle et infantile, dépistage précoce, prévention des maladies chroniques Femmes enceintes, nourrissons, personnes âgées
Urgences humanitaires Soins post-opératoires, distribution d’aides techniques, logistique humanitaire Victimes de conflits, de séismes ou d’inondations
Plaidoyer Campagnes auprès des États et des Nations unies, suivi des traités Civils exposés aux armes explosives, personnes handicapées

Ce qui distingue l’association, c’est la volonté de traiter le handicap comme une question de droits et d’inclusion, pas seulement comme un problème médical. Une prothèse ne suffit pas si l’école refuse l’enfant ou si l’employeur écarte l’adulte. D’où cette approche globale qui combine soins, accessibilité et changement des mentalités.

Sur le volet santé, certaines équipes travaillent avec des enfants dont le développement est fragilisé par une alimentation insuffisante. Pour comprendre comment ces situations sont repérées et prises en charge dans le système français, notre dossier HAS dénutrition présente les critères de dépistage retenus par les autorités sanitaires. Plus largement, les lecteurs qui veulent situer l’aide médicale internationale par rapport à l’organisation des soins en France trouveront des repères utiles dans l’article Health care.

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Comment Handicap International intervient dans les situations de crise

Les interventions d’urgence ont pris une place croissante. Lors d’un séisme, d’une guerre ou d’un afflux massif de réfugiés, le nombre de blessés graves explose et les structures de soins locales sont débordées. L’ONG déploie alors des kinésithérapeutes pour éviter que des fractures ou des amputations mal suivies ne laissent des séquelles définitives. Elle fournit des béquilles, des fauteuils roulants, des déambulateurs, et forme le personnel soignant local.

Plusieurs crises récentes illustrent ce travail : l’Ukraine, la Syrie, le Liban, Gaza, le Soudan ou encore Haïti. Dans ces contextes, la logistique humanitaire devient un enjeu à part entière. L’association met parfois ses capacités de transport et de stockage au service d’autres acteurs, ce qui permet d’acheminer l’aide là où les routes sont coupées.

Le cas des armes explosives mérite une attention particulière. Quand une ville est bombardée, les victimes ne sont pas seulement celles tuées ou blessées sur le moment. Les engins non explosés restent dans les ruines, les champs et les cours d’école pendant des années, parfois des décennies. C’est pourquoi le déminage et l’éducation aux risques continuent bien après la fin des combats, notamment au Laos, au Cambodge ou en Colombie, pays encore lourdement pollués.

Enfin, le plaidoyer prolonge l’action de terrain. L’ONG documente les conséquences humaines des bombardements et interpelle les gouvernements pour qu’ils respectent les traités signés. Ce travail politique explique une partie de sa notoriété, bien au-delà du cercle des donateurs.

Soutenir Handicap International depuis la France

Il existe plusieurs manières de contribuer, avec des niveaux d’engagement très différents. Le choix dépend de votre temps, de vos moyens et de l’envie d’agir localement ou à distance.

  • Le don ponctuel ou mensuel : c’est la ressource principale de l’association. Le prélèvement régulier lui permet de planifier ses programmes sur plusieurs années.
  • Le legs, la donation ou l’assurance vie : ces dispositifs supposent un accompagnement par un notaire. Mieux vaut prendre le temps d’en parler avec un professionnel avant toute décision.
  • La boutique solidaire : l’achat de produits (vêtements, objets, cartes) apporte une recette et fait connaître la cause.
  • Le bénévolat : de nombreux groupes locaux organisent des stands, des collectes et des animations scolaires.
  • Les Pyramides de chaussures : chaque année, généralement en septembre, des rassemblements ont lieu dans plusieurs villes françaises pour dénoncer les mines et les bombardements de civils.
  • L’emploi ou la mission de terrain : l’association recrute des profils qualifiés (kinésithérapeutes, logisticiens, chefs de projet, spécialistes du déminage), en France et à l’étranger.

Côté fiscalité, un don à une association d’intérêt général ouvre en principe droit à une réduction d’impôt sur le revenu, dans la limite d’un plafond fixé par la loi. Le taux et le plafond applicables dépendent de votre situation et des règles en vigueur l’année du don : le reçu fiscal envoyé par l’organisme et le site officiel des impôts restent les références à consulter avant de remplir votre déclaration.

Solidarité internationale et vie professionnelle ne s’opposent pas forcément : certains bénévoles choisissent un emploi à distance pour dégager du temps et financer leur engagement, une piste à explorer si une mission longue vous tente.

Idées reçues sur Handicap International et conseils pour bien s’engager

La première erreur consiste à croire que l’association ne s’occupe que de prothèses. Elle reste très associée à cette image, héritée de ses débuts, alors que l’éducation, l’insertion économique et la santé mobilisent aujourd’hui une large part de ses équipes.

Deuxième confusion fréquente : penser que HI et Handicap International sont deux structures concurrentes. Il s’agit du même réseau, avec un nom international et une appellation historique conservée en France.

Troisième piège, plus général : donner sans vérifier à qui l’on donne. Les sollicitations par téléphone, SMS ou réseaux sociaux se multiplient, et certaines utilisent frauduleusement le nom d’ONG connues. Quelques réflexes simples limitent le risque :

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  • passer directement par le site officiel de l’association plutôt que par un lien reçu dans un message ;
  • se méfier de toute demande de paiement par carte cadeau ou par virement vers un compte personnel ;
  • consulter le rapport annuel et les comptes publiés, qui détaillent la répartition entre missions sociales, collecte et fonctionnement ;
  • vérifier si l’organisation dispose d’un label de transparence reconnu, comme le label Don en confiance.

Il est aussi utile de comparer les mandats avant de choisir une cause. Chaque ONG a sa spécialité : Action contre la Faim se concentre sur la malnutrition, l’eau et l’hygiène, tandis que Handicap International se positionne sur le handicap, la réadaptation et la protection des civils. En France, les personnes exilées qui cherchent un accompagnement juridique se tourneront plutôt vers une structure comme La Cimade, dont c’est le cœur de métier. Bien identifier ces différences évite de mal orienter son don ou son temps.

Dernier conseil : privilégier la régularité. Un petit montant mensuel est souvent plus utile qu’un gros don isolé, car il donne de la visibilité aux équipes et réduit les frais de collecte. Si votre budget est serré, le bénévolat local ou la participation à une Pyramide de chaussures constitue une forme d’engagement tout aussi précieuse.

Handicap International et HI, est-ce la même organisation ?

Oui. Depuis 2018, le réseau international porte le nom Humanité & Inclusion, abrégé HI. La branche française a gardé l’appellation Handicap International, plus connue du public, et l’associe souvent à la mention Humanité & Inclusion.

Dans quelle ville se trouve le siège français de Handicap International ?

Le siège est installé à Lyon. C’est là que travaillent les équipes de direction et une partie des services supports, même si l’association dispose aussi de groupes de bénévoles dans de nombreuses régions.

Donner à Handicap International permet-il de payer moins d’impôts ?

En règle générale, un don à une association d’intérêt général donne droit à une réduction d’impôt sur le revenu, dans une limite fixée par la loi. Les taux et plafonds peuvent évoluer : référez-vous au reçu fiscal et aux informations officielles de l’administration fiscale.

Peut-on aider Handicap International sans partir en mission à l’étranger ?

Tout à fait. Les groupes locaux recherchent des bénévoles pour tenir des stands, animer des interventions en milieu scolaire ou organiser les Pyramides de chaussures. Le don, l’achat solidaire et le relais des campagnes sont d’autres moyens d’agir depuis chez soi.

Pour quelle raison l’ONG est-elle associée au prix Nobel de la paix ?

Handicap International fait partie des membres fondateurs de la Campagne internationale pour interdire les mines terrestres. Cette coalition a reçu le prix Nobel de la paix en 1997, l’année de la signature du traité d’Ottawa interdisant les mines antipersonnel.

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